Des évasions ont eu lieu à al-Hol et al-Shaddadi lors du retrait des FDS, selon des témoignages recueillis par Middle East Eye.
Le transfert chaotique du contrôle à Damas fait craindre une fuite massive de détenus de l’EI.
Les États-Unis évacuent en urgence des prisonniers vers l’Irak face à une situation jugée «extrêmement dangereuse».
Officiellement, aucune fuite massive n’a été reconnue. Pourtant, à l’intérieur du camp, les récits convergent. Yahya, 18 ans, raconte avoir franchi les barrières avant de revenir, refusant d’abandonner sa famille. D’autres affirment que des voisins ont disparu. Le sentiment d’injustice est omniprésent parmi les résidents, souvent détenus sans explications claires.
La situation est tout aussi explosive à al-Shaddadi, autre centre de détention stratégique.
Là, le passage de relais entre les FDS et l’armée syrienne s’est soldé par l’ouverture des cellules et la fuite de dizaines de détenus.
Les autorités de Damas accusent les FDS d’avoir abandonné volontairement le site, permettant l’évasion d’environ 120 prisonniers, dont plusieurs étrangers.
Les FDS démentent catégoriquement, évoquant des attaques extérieures et une perte de contrôle brutale.
Des habitants parlent, eux, de groupes tribaux hostiles aux Kurdes ayant facilité l’assaut.
Dans ce contexte instable, Washington a commencé à transférer les détenus jugés les plus dangereux vers l’Irak.
Jusqu’à 7 000 prisonniers pourraient être concernés. Selon des sources militaires syriennes interrogées par Middle East Eye, les chiffres officiels minimisent la réalité : davantage de combattants seraient en fuite.
La crainte d’une résurgence de l’EI, alimentée par l’effondrement du système de détention, hante désormais le nord-est syrien.
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