DGSE-DGSI : les fonds secrets français épinglés pour «insincérité budgétaire»

Les zones d’ombre du budget de l’espionnage

Le dernier rapport sur les fonds secrets révèle des pratiques comptables contestables au sein de la DGSE et de la DGSI.

  • Insincérité budgétaire : Des écarts significatifs constatés entre les crédits votés et les dépenses réelles.

  • Manque de transparence : Une difficulté pour le Parlement d’exercer un contrôle effectif sur l’usage des fonds spéciaux.

  • Risque de gestion : L’alerte porte sur l’utilisation de ces ressources hors de tout cadre rigoureux, malgré la sensibilité des missions.

 

Dans un rapport, ébruité par Le Point, quatre parlementaires pointent du doigt l’écart croissant entre les crédits affichés et la réalité des fonds spéciaux alloués aux services français, et ce alors que leurs budgets officiels ont connu une hausse continue et significative ces dernières années.

Des fonds qui, précise l’hebdomadaire, servent à financer des opérations clandestines, rémunérer des sources ou acquérir du matériel « sans que le vendeur sache que l’acquéreur est en réalité l’État français ».

Chargée de contrôler ces crédits sensibles, la Commission de vérification des fonds spéciaux — composée de deux députés et deux sénateurs — a examiné l’usage de ces enveloppes au sein de la DGSE, de la DGSI, du Commandement des opérations spéciales, des douanes ou encore du renseignement pénitentiaire, en France et à l’étranger.
L’hebdomadaire révèle ainsi que les parlementaires ont effectué « trois grosses missions de terrain : l’une en Pologne et en Lettonie, une autre dans un pays dont le nom et la localisation relèvent du secret de la défense nationale ».

Dans leur rapport, les parlementaires dénoncent ainsi « l’insincérité manifeste du montant des fonds spéciaux inscrits en loi de finances initiale, au programme budgétaire 129 ». Une tendance qui, selon eux, « se confirme et s’amplifie au fil du temps ».
Officiellement, ces crédits s’élèvent à environ 70 millions d’euros, alors qu’ils dépassent en réalité les 100 millions et — résume Le Point — « sont en hausse constante », évoquant des fonds « systématiquement sous-évalués ».

Pour le député apparenté PS, Aurélien Rousseau, président de la commission, l’enjeu dépasse ces montants : « Les services de renseignement ont besoin de ces fonds spéciaux et, avec la situation géopolitique, leurs besoins sont de plus en plus importants. Mais c’est justement parce que la destination finale de cet argent doit rester clandestine que, sans trahir de secrets, leur montant doit refléter la réalité. C’est une question de loyauté démocratique. »

Renseignement : Le scandale des fonds secrets. Un rapport parlementaire épingle la DGSE et la DGSI pour « insincérité budgétaire ». L’opacité des services est-elle devenue un risque ? GEOSKOP décrypte. #GEOSKOP #DGSI #DGSE

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