Le secteur du Grand Âge toujours sous haute tension
L’annonce de nouvelles sanctions contre 55 Ehpad confirme que les dysfonctionnements révélés en 2022 ne sont pas résolus.
Bilan des contrôles : Une intensification des inspections qui révèle des abus persistants dans le secteur privé et associatif.
Nature des manquements : Insuffisance des soins d’hygiène, nutrition défaillante et opacité dans l’utilisation des fonds publics.
Vers un nouveau modèle : La pression monte pour une réforme globale du financement et de la régulation de la dépendance en France.
Trois ans après l’affaire Orpea, un vaste plan de contrôle des 7 500 Ehpad français révèle des failles persistantes : 55 structures ont reçu des «sanctions graves», allant de la fermeture à la mise sous tutelle.
Dans une intervention sur France 2 le 25 mars, la ministre de l’Autonomie, Charlotte Parmentier-Lecocq, révélait que 55 Ehpad ont écopé de «sanctions graves», allant de la fermeture immédiate à la mise sous tutelle.
Le scandale Orpea, révélé en janvier 2022 par le livre Les Fossoyeurs de Victor Castanet, avait secoué la France en exposant maltraitances et dysfonctionnements dans les Ehpad du groupe, désormais rebaptisé Emeis. Trois ans plus tard, le bilan du plan de contrôle lancé par le gouvernement pour inspecter les 7 500 établissements du pays d’ici fin 2024 dresse un constat préoccupant et explique les sanctions dont ont écopé une cinquantaine d’établissement.
Ces mesures, décidées par les agences régionales de santé (ARS), répondent à des «faits graves de maltraitance», des «dysfonctionnements importants» ou des «problèmes de prise en charge des soins», précise la ministre lors du débat Au cœur des Ehpad, de l’indifférence à l’action.
Pourtant, des voix s’élèvent pour dénoncer les limites de cette opération. Thierry Mathieu, représentant des médecins inspecteurs (Smisp-Unsa), regrette : «On nous a demandé de faire du chiffre, mais avec peu d’inspecteurs formés». Sur les 150 embauches promises, seules 120 ont été réalisées, souvent en CDD, et les visites sur place, parfois réduites à une demi-journée, manquent de profondeur.
L’Association des directeurs au service des personnes âgées (AD-PA) déplore, elle, l’absence de solutions pour augmenter le nombre de soignants, essentiel pour garantir une prise en charge digne. Bernadette Ojardias, vice-présidente de l’association Faree, qui lutte contre la maltraitance encore présente dans certains Ehpad s’indigne de son côté : «Le manque de personnel ne peut pas justifier la maltraitance».
Depuis 2022, la «loi sur le bien vieillir» a imposé des indicateurs de qualité et un droit de visite quotidien. Mais pour beaucoup, ces avancées restent cosmétiques face à une crise systémique. Les familles des 55 Ehpad sanctionnés, elles, se retrouvent dans l’embarras, contraintes de reloger leurs proches dans un secteur déjà sous tension.
Analyse : Les sanctions financières suffiront-elles à changer les pratiques ? La crise des Ehpad est le symptôme d’un modèle à bout de souffle. Décryptage complet d’une faillite institutionnelle sur notre site. #Orpea #Justice #France #GEOSKOP
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