Tradition doctrinale et appels au changement
Entre tradition théologique et pressions du monde contemporain, l’avenir de l’Église catholique continue de susciter un débat profond.
On nous explique que ne pas confier des fonctions décisionnelles ou sacramentelles aux femmes « appauvrirait le discernement ecclésial ». Mais depuis deux mille ans, l’Église aurait-elle donc été incapable de discerner ?
Affirmer, comme le fait Sœur Nathalie Becquart dans les colonnes de La Croix , que « ce qui vient de l’Esprit Saint ne peut être arrêté » est une phrase qui sonne pieusement.
Mais précisément, c’est là que se situe la question centrale.
Encore faut-il s’assurer que ce mouvement vient réellement de l’Esprit Saint, et non de l’air du temps.
Car l’histoire de l’Église nous enseigne une vérité constante : l’Esprit Saint ne se manifeste pas dans la confusion doctrinale, ni dans la revendication permanente, ni dans la pression idéologique. Il se manifeste dans la vérité, dans la continuité et dans l’obéissance à la Révélation.
Or ce qui frappe aujourd’hui, dans cette agitation autour du diaconat féminin et de la « participation décisionnelle », c’est précisément l’inverse : un activisme incessant, des débats sans fin, des pressions médiatiques, des commissions, des synodes, des tribunes.
Si cette évolution était réellement portée par l’Esprit Saint, aurait-elle besoin d’autant de campagnes, d’argumentaires sociologiques et de revendications militantes ?
Lorsque l’Esprit Saint agit dans l’Église, il n’impose pas par la force d’une pression politique mais par la force intrinsèque de la vérité révélée.
Il faut rappeler ici un point doctrinal fondamental, que beaucoup semblent aujourd’hui vouloir relativiser. Dans la lettre apostolique Ordinatio Sacerdotalis (1994), saint Jean-Paul II a déclaré de manière définitive : « L’Église n’a en aucune manière le pouvoir de conférer l’ordination sacerdotale aux femmes. »
On nous explique que ne pas confier des fonctions décisionnelles ou sacramentelles aux femmes « appauvrirait le discernement ecclésial ». Mais depuis deux mille ans, l’Église aurait-elle donc été incapable de discerner ?
Les saints, les docteurs de l’Église, les conciles, les missionnaires, les martyrs auraient-ils travaillé dans un système intrinsèquement défaillant ?
Cette idée de sœur Nathalie Becquart dans les colonnes de La Croix revient à juger l’histoire entière de l’Église à l’aune des catégories idéologiques contemporaines.
Et c’est là que l’on voit apparaître une confusion majeure : la substitution progressive du langage de la foi par celui de la sociologie.
On ne parle plus de vocation, de sacrement, de mystère, mais de « processus décisionnels », de « leadership partagé », de « réformes structurelles ».
Ce vocabulaire n’est pas celui de la tradition catholique ; il est celui des organisations institutionnelles modernes.
Or l’Église n’est pas une ONG. Elle n’est pas une démocratie participative. Elle est, selon la formule de saint Paul, le Corps du Christ.
Il faut enfin dire une chose avec clarté : le véritable danger n’est pas l’absence de femmes dans les structures de gouvernance.
Le véritable danger est la cléricalisation du rôle des femmes.
Comme si la dignité chrétienne ne pouvait s’exprimer que par l’accès au pouvoir ecclésiastique.L’Église a pourtant produit certaines des plus grandes figures spirituelles de l’histoire : sainte Catherine de Sienne, docteur de l’Église et conseillère des papes ; sainte Thérèse d’Avila, réformatrice majeure du Carmel ; sainte Thérèse de Lisieux, patronne des missions.
Aucune d’elles n’était ordonnée. Et pourtant leur influence sur la vie de l’Église dépasse celle de bien des prélats.
Lorsque des mouvements prétendent transformer la structure sacramentelle de l’Église au nom de l’égalité contemporaine, il est légitime de poser la question : s’agit-il réellement de l’Esprit Saint… ou simplement de l’esprit du temps ?
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