Ce 13 février 2025 marque le 65e anniversaire du premier essai nucléaire français en Algérie. Le début d’une longue série. Sputnik Afrique revient sur ces divers épisodes.
Les rêves nucléaires de la France commencent avec le général de Gaulle en octobre 1945, deux mois seulement après le largage des bombes américaines sur Nagasaki et Hiroshima.
Le général Charles Ailleret visite des zones candidates pour sélectionner le site le plus adapté aux premiers essais.
La France publie un décret au Journal Officiel attribuant 108.000 km2 à la création d’un centre militaire saharien, près de Reggane. Ce lieu comptait 10.000 civils et militaires, dont 3.500 ouvriers algériens.
Charles de Gaulle, alors Président du Conseil des ministres, se rend en Algérie et prononce son célèbre « Je vous ai compris » devant des dizaines de milliers de soutiens.
De Gaulle annonce un projet visant à fournir un 250.000 emplois aux Algériens, à distribuer 250.000 d’hectares de terres agricoles et à construire un 250.000 de nouvelles maisons, dans l’espoir d’éteindre la révolution.
Charles de Gaulle est élu Président de la République française.
Incapable d’arrêter la révolution, de Gaulle, dans un célèbre discours, mentionne le droit des Algériens à l’autodétermination.
La France fait exploser une première bombe nucléaire, sous le nom de code « Gerboise bleue », dans le désert algérien. Cela marque le début d’une longue série de 57 expérimentations au cours desquels 17 bombes exploseront.
Un nouvel essai, baptisé « Gerboise blanche » a lieu.
L’essai « Gerboise Rouge » se concrétise.
L’essai « Gerboise verte » vient compléter la série dans le désert algérien.
La France réalise son premier essai nucléaire souterrain, dans des galeries creusées dans la montagne. Douze autres suivront, jusqu’en février 1966.
Paris et Alger signent les accords d’Évian, définissant les modalités de l’indépendance algérienne. Ils donnent à la France la possibilité d’utiliser le désert pendant encore cinq ans pour des essais nucléaires.
L’essai sous-terrain « Beryl » entraîne la fuite du site d’In Ecker. L’explosion secoue les localités environnantes, créant une fissure dans la montagne d’où s’échappe un nuage radioactif qui traverse le désert sur des centaines de kilomètres.
La France procède à son dernier essai nucléaire en Algérie.
Le Sénat français révèle dans son rapport que l’essai « Gerboise bleue » était un essai de 70 kilotonnes utilisant du plutonium. Cela a entraîné des retombées radioactives à l’est de Reggane, puis un nuage radioactif qui s’est propagé à N’Djamena, la capitale du Tchad, et à d’autres capitales africaines.
Le gouvernement français change d’attitude envers les vétérans des essais, approuvant le paiement de millions de dollars en réparation des dommages causés.
Le Parlement français adopte la loi dite Morin pour indemniser les victimes des essais français, auxquels ont participé environ 150.000 personnes, militaires et civils.
La Ligue algérienne de défense des droits de l’homme annonce le dépôt d’une plainte contre la France, estimant qu’environ 24.000 personnes étaient exposées au risque des radiations, dont 150 prisonniers algériens libérés de la prison de Sidi Bel Abbès pour servir de cobayes et être attachés près du lieu de l’explosion.
Le Président algérien Abdelmadjid Tebboune estime que la France a l’obligation de nettoyer les déchets nucléaires de son pays.
Le peuple algérien commémore ce jeudi 13 février, le 65 anniversaire des explosions nucléaires menées par les autorités françaises à Reggane dans le Sud de l’Algérie.
Paris n’assume pas sa « responsabilité historique » vis-à-vis de l’Algérie, a déclaré dans un entretien à The New Arab Abdel Salam Bashagha, représentant de la conférence internationale sur les conséquences des essais nucléaires en Algérie.
« Les essais nucléaires français dans le désert algérien ne sont pas des incidents passagers, mais un crime qui transcende les générations, dont les conséquences environnementales, sanitaires et sociales se font toujours sentir aujourd’hui » a-t-il souligné.
Cette question fait partie intégrante de la crise entre l’Algérie et la France, laquelle trouve ses racines dans les vestiges du colonialisme, a-t-il ajouté.