Le journal des évêques italiens défend la transsexualité des enfants

Qu’un journal défende la transsexualité ne peut pas surprendre, mais ce qui est beaucoup plus ennuyeux en l’occurrence, c’est que le journal l’Avvenire, propriété de la Conférence épiscopale italienne (CEI), le fasse. Fondé en 1968, il se vend aujourd’hui à plus de 100.000 exemplaires.

Les articles qui paraissent dans ce journal sont écrits avec l’accord de l’épiscopat italien. C’est ainsi que ce nouvel article en faveur de la transsexualité – ce n’est malheureusement pas le premier – qui va jusqu’à défendre celle-ci même chez les mineurs, est couvert par l’autorité épiscopale.

Le journaliste commis pour cette infamie est toujours le même, nous signale La Nuova Bussola Quotidiana, il s’agit de Luciano Moia, affecté depuis des années aux questions arc-en-ciel, auteur du livre Église et homosexualité et, fait notable, rédacteur en chef du magazine Nous, famille et vie, un supplément du quotidien l’Avvenire.

L’article utilise plusieurs « ficelles » pour développer son argument. Notamment le titre « Comment élever un enfant qui ne reconnaît pas son propre corps » qui semble déjà prendre son parti d’une anomalie.

Ensuite, par l’utilisation des « cas », une manœuvre bien huilée qui a déjà servi à faire passer des lois de « compassion », avortement et euthanasie par exemple. Le journal évoque une « identité de genre » différente du sexe biologique chez deux enfants. Dans l’un de ces deux cas, l’enfant décide finalement de ne pas « changer » de sexe, tandis que dans l’autre, il le fait.

Le vocabulaire employé magnifie la deuxième démarche : l’enfant « s’est sereinement engagé sur la voie de l’affirmation de son genre et est aujourd’hui une adolescente qui vit sa vie avec plus de sérénité ». Les pronoms utilisés correspondent à l’« identité de genre » de l’enfant.

Une absence des arguments contraires

Le journaliste se garde de citer les études scientifiques qui gêneraient sa thèse, même s’il ne les ignore pas. De plus, il ne tient aucun compte de ce qu’une saine philosophie morale pourrait lui opposer. Enfin, et c’est le plus grave, il ignore la doctrine de l’Église sur le sujet. Ni la Sainte Écriture, ni l’enseignement moral ne sont conviés.

Ce qui permet au journaliste de présenter ces cas comme « complexes » ajoutant qu’il existe « une limite au-delà de laquelle ceux qui observent de l’extérieur n’ont pas le droit d’aller ». Mais il est tout de même clair que ceux qui pensent que la transsexualité est une bonne chose ont tout à fait le droit de le dire.

Comme le souligne Tommaso Scandroglio, de La Nuova Bussola Quotidiana, une fois débarrassé de l’opposition, « la tactique est toujours celle de la phénoménologie éthique : ce qui arrive est bien », quoi qu’il arrive.

Il convient de noter à cet égard, note InfoCatolica, que le grand défenseur de cette approche était le pape François. Dans son exhortation post-synodale Amoris Laetitia, il nie l’existence d’actes intrinsèquement mauvais. Et son « Qui suis-je pour juger ? », a justifié définitivement cette approche.

La CEI responsable

L’Avvenire est le quotidien de la CEI et cet article reflète fidèlement son orientation sur le sujet. Moia cite d’ailleurs le document final de l’assemblée synodale de l’Église italienne : « Les Églises locales, dépassant l’attitude discriminatoire parfois répandue dans les milieux ecclésiaux et dans la société, s’engagent à promouvoir la reconnaissance et l’accompagnement des personnes homoaffectives et transgenres, ainsi que de leurs parents, qui appartiennent déjà à la communauté chrétienne. »

La CEI demande non seulement de se rapprocher des personnes homosexuelles et transsexuelles, mais aussi de reconnaître la validité de leur orientation. Il ne faut donc pas s’étonner qu’un tel article paraisse dans le journal qui lui appartient.

 

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