Dans son dernier essai, La Cause du Christ, l’Évangile contre l’identité chrétienne, le curé Benoist de Sinety instruit un procès à charge contre ceux qui lient encore la foi à l’enracinement civilisationnel. Sous couvert de précautions pastorales, l’auteur déploie une rhétorique d’intimidation intellectuelle visant à disqualifier toute conscience historique chrétienne.
Le piège de la désincarnation : En opposant le Christ à l’identité chrétienne, l’auteur semble oublier que le Verbe s’est fait chair et non concept abstrait. Refuser la dimension culturelle et mémorielle de la foi revient, paradoxalement, à dissoudre le christianisme dans le relativisme moderne.
Le procédé de l’amalgame : Le texte use d’insinuations transparentes en associant les défenseurs contemporains de l’identité chrétienne aux dérives du nazisme et à Alfred Rosenberg. Cette comparaison historique est jugée choquante, le projet nazi étant une entreprise de déchristianisation païenne et non une exacerbation du christianisme historique.
Le silence sur le réel : Sinety, curé à Lille, occulte les fractures communautaires et le sentiment de dépossession culturelle liés à l’immigration de masse et à l’expansion d’un islam affirmatif. Son empathie pour les « périphéries » s’arrête brusquement là où commence l’attachement des catholiques à leur propre continuité historique.
L’indignation à géométrie variable : La critique souligne l’ironie du prêtre dénonçant la « spectacularisation » du religieux, lui qui avait transformé l’église de la Madeleine en décor médiatique pour les funérailles de Johnny Hallyday. Le mélange des genres semble moins l’inquiéter lorsqu’il sert la religion civile du show-business.
Une transmission devenue suspecte : Le véritable enjeu de cet ouvrage réside dans l’incapacité d’une partie de l’Église à assumer le christianisme comme culture vivante. À force de suspecter toute affirmation identitaire, on finit par rendre l’idée même de transmission civilisationnelle coupable.
Le père de Sinety revendique constamment l’écoute, le dialogue, la compréhension des peurs, mais cette empathie semble avoir des frontières très précises. Elle s’étend volontiers aux périphéries sociales, beaucoup moins aux catholiques attachés à la continuité historique et culturelle de leur civilisation.
Dans La Cause du Christ, Benoist de Sinety oppose radicalement la foi universelle à l’enracinement historique.
Pour GEOSKOP, ce texte marque une rupture : en assimilant toute conscience civilisationnelle à une dérive identitaire, l’auteur semble désincarner le christianisme.
Cette « haine de soi » dénoncée autrefois par Benoît XVI resurgit ici sous une forme pastorale, ignorant les fractures réelles des quartiers français pour se concentrer sur un procès d’intention contre les défenseurs de la tradition.
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