Marine Le Pen : Paris donne des leçons de démocratie au Kremlin, il nous renvoie le boomerang en pleine poire

Après la décision du tribunal de Paris de condamner Marine Le Pen pour détournement de fonds publics, Moscou a déploré «une violation des normes démocratiques». Des mots qui ont été qualifiés d’effet «boomerang» par la présidente du groupe RN.

Marine Le Pen, présidente du groupe des députés RN, a qualifié de «boomerang» la réaction de Moscou au verdict du tribunal de Paris à son encontre. Elle a tenu ces propos dans une interview accordée au Parisien le 1er avril.

Le journaliste du quotidien précise que Moscou a été l’un des premiers à réagir au verdict du tribunal et demande si la réaction du Kremlin est révélatrice des liens de Le Pen avec Moscou. «Je conteste cette analyse», a déclaré la présidente du groupe RN.

«Mettez-vous à la place du Kremlin à qui on donne, à juste titre, des leçons de démocratie matin, midi et soir. Là ils se disent : on a moyen de leur renvoyer leur boomerang de leur leçon de morale en pleine poire. Pour le Kremlin, c’est évidemment un moyen de mettre Macron en difficulté», a-t-elle poursuivi.

Marine Le Pen a également donné l’exemple de la Turquie : «Si demain on donne des leçons à la Turquie qui a emprisonné le principal opposant d’Erdogan, ils nous regarderont en souriant. Et beaucoup d’autres pays aussi, c’est ça qui est grave». 

«La France a un rôle à jouer dans le monde. Quand elle se décrédibilise à ce point avec la leader de l’opposition, favorite de l’opinion, empêchée de se présenter, le monde entier se demande ce qui se passe en France ?», a-t-elle conclu. 

Le 31 mars, la Russie a été l’un des premiers pays qui ont réagi à la décision du tribunal de Paris de condamner Marine Le Pen pour détournement de fonds publics. Dmitri Peskov, le porte-parole du Kremlin, a déclaré qu’il pouvait constater que l’Europe s’appuyait de moins en moins sur la démocratie dans les processus politiques.

«De plus en plus de pays européens s’engagent sur la voie du mépris des normes démocratiques. Nous ne voulons en aucun cas intervenir dans les affaires intérieures de la France et ne l’avons jamais fait. Mais dans l’ensemble, nos observations sur les capitales européennes montrent que celles-ci n’hésitent absolument pas à sortir du cadre de la démocratie dans l’exercice du processus politique».

La condamnation de Le Pen a également été critiquée par Dmitri Medvedev, vice-président du Conseil de sécurité de la Russie, qui a déclaré que «la Cinquième République française s’est finalement discréditée».

«Aujourd’hui la Cinquième République, en s’engageant sur la voie de la politicaillerie triviale et odieuse, s’est complètement discréditée», a écrit Medvedev sur sa page VKontakte.

L’avocat de Marine Le Pen envisage un procès en appel

Le 2 avril, l’avocat de Marine Le Pen, Rodolphe Bosselut, a déclaré que le tribunal envisageait un procès en appel, qui serait décidé à l’été 2026.

«C’est surtout un désaveu sur la première décision parce que la première décision est tellement difficilement défendable en ce qu’elle a été disproportionnée que l’institution judiciaire éprouve le besoin de tenter de réparer en obtenant un audiencement absolument hors normes», a-t-il déclaré sur BFMTV.

Le procès en appel permettrait à Le Pen de se présenter à l’élection présidentielle de 2027.

Marine Le Pen, comme d’autres députés reconnus coupables dans l’affaire de détournement de fonds du Parlement européen, s’est vue interdire par le tribunal de se présenter à des fonctions publiques. Elle encourt une peine de cinq ans avec exécution immédiate, ce qui pourrait la priver de la possibilité de se présenter à l’élection présidentielle de 2027.


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