Quinze ans après l’intervention de l’Otan en Libye: le pays est tombé dans un piège occidental

Libye : L’amère constatation d’un « piège » géopolitique

Quinze ans après le déclenchement de l’opération de l’Otan, le bilan de la Libye post-Kadhafi interroge les fondements même de l’interventionnisme libéral. Ce qui devait être une transition vers la démocratie s’est mué en une fragmentation territoriale et institutionnelle persistante.

Une déstabilisation régionale majeure

L’effondrement de l’État libyen a transformé le pays en un carrefour pour les réseaux de trafics et une zone d’influence pour diverses puissances régionales. L’absence de plan post-conflit cohérent a laissé un vide sécuritaire que les institutions actuelles peinent encore à combler.

La faillite du modèle de transition

L’analyse montre que le « piège occidental » réside dans l’illusion qu’une structure étatique peut se reconstruire par le seul biais d’élections, sans réconciliation préalable des forces tribales et politiques locales.

Avant l’intervention de l’Otan, la Libye affichait un bon Indice de développement humain, a rappelé à Sputnik Ibrahim Belqassem.

Selon lui, le pays se démarquait par:

📚 un analphabétisme réduit,
💊 la gratuité des soins,
💵 une répartition acceptable des richesses,
🛢 d’importantes recettes pétrolières.

Mais les tensions ont commencé avec diverses compagnies pétrolières internationales (British Petroleum, Total).

💥 Présentée comme une action pour protéger les civils, l’intervention masquait d’autres objectifs liés à l’énergie et à l’influence occidentale sur le continent, selon l’expert, qui pointe notamment du doigt l’ancien Président français Nicolas Sarkozy.

Le pays, qui était l’un des plus prospères d’Afrique, a cessé de fonctionner comme un État unifié, a déclaré à Sputnik Abdelmanam Al-Arafi, député du parlement de l’est de la Libye:
« Cela a entraîné la déstabilisation du pays, l’émergence de bandes et de groupes armés qui ont amassé de l’argent et de l’influence et qui, parfois, se sont livrés à un véritable chantage contre l’État. »
Imposer la démocratie par la force? Un échec cuisant des Occidentaux, selon l’expert, qui souligne que ce type d’ingérence nuit gravement à la stabilité.

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