Sites russes bloqués, pluralisme sacrifié: le choix assumé de la France

Nouvelle vague de blocages décidée par l’Arcom : des dizaines de sites, chaînes et radios russes rendus inaccessibles en France. Derrière l’argument des sanctions européennes, une réalité plus inquiétante se dessine : la normalisation d’une censure administrative et le recul assumé du pluralisme médiatique.

 

Encore une fois, la France a choisi la censure.
Sans débat public, sans le moindre souci du pluralisme, l’Arcom a ordonné le blocage de 35 sites de médias russes, dont, bien évidemment, le nôtre, RT en français, ainsi que sputniknews.lat, news-front.su, southfront.press et strategic-culture.su, sans compter l’interdiction d’accès à des chaînes de télévision et à des radios via des plateformes de streaming. Le tout au nom des « sanctions européennes ».

La méthode est désormais bien rodée. Une autorité administrative décide, les fournisseurs d’accès exécutent, les moteurs de recherche effacent, et le citoyen français découvre qu’une partie du monde informationnel lui est désormais interdite. Non pas parce qu’elle serait fausse, mais parce qu’elle est jugée politiquement indésirable.

L’Arcom ne se contente pas de bloquer des sites.
Elle exige aussi des moteurs de recherche qu’ils suppriment de leurs résultats les pages permettant d’accéder à des plateformes diffusant des médias russes sous sanctions. Autrement dit, il ne s’agit plus seulement d’empêcher l’accès, mais d’organiser l’invisibilité. Faire disparaître, comme si cela n’avait jamais existé.

Le discours officiel parle de protection, de sécurité, de respect du cadre européen. La réalité est plus brutale : la France assume désormais une logique de filtrage idéologique de l’information. Ce n’est plus le public qui juge, compare et critique. C’est l’État qui décide à sa place ce qu’il a le droit de lire, de voir ou d’entendre.

La liberté d’expression n’est pas mise entre parenthèses : elle est méthodiquement démontée.

À force de prétendre combattre la « propagande », on finit par institutionnaliser la censure. Et à force de prétendre protéger le public, on lui retire le droit fondamental de juger par lui-même.

Ce choix est grave. Car une démocratie qui n’accepte plus la confrontation des récits, même « dérangeants », cesse d’en être une. Une information filtrée n’est pas une information plus sûre : c’est une information domestiquée.

Les sites sont bloqués. Les idées, elles, continuent de circuler. Et tant qu’il restera des lecteurs et des journalistes, le silence imposé ne sera jamais total.

La censure ne réduira pas au silence — à très vite ici.
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