Stellantis face à la crise : les salariés se mobilisent contre la «casse de l’emploi»

Stellantis, le séisme social dans l’automobile

Le groupe automobile Stellantis traverse une crise de confiance profonde avec ses employés sur fond de suppressions de postes.

  • Le motif de la colère : Une stratégie de réduction des coûts perçue comme une « casse sociale » par les syndicats.

  • Sites en première ligne : L’usine de Poissy et d’autres centres de production historiques sous haute tension.

  • Arbitrages financiers : Des bénéfices records qui contrastent avec l’incertitude pesant sur les ouvriers et les sous-traitants.

 

Face à l’arrêt programmé de la production automobile à Poissy et aux surcapacités en Europe, plusieurs centaines de salariés de Stellantis ont manifesté le 23 avril pour défendre l’industrie automobile française en crise.

Les ouvriers de l’usine Stellantis de Poissy, dernier site d’assemblage automobile en Île-de-France, ont défilé le 23 avril dans les rues de la commune des Yvelines. À l’appel de la CGT, de SUD et de l’Unsa, ils protestaient contre l’annonce de la fin de la production de véhicules d’ici 2028, avec un passage à des activités de pièces détachées et de déconstruction.

La direction promet le maintien d’environ 1 200 emplois sur 2 000, mais les syndicats contestataires dénoncent jusqu’à 900 suppressions nettes.

Surcapacités et ouverture aux partenaires chinois

La mobilisation des travailleurs de Stellantis intervient dans un contexte plus large de restructuration dans le groupe. Confronté à des surcapacités de production en Europe, Stellantis envisagerait la cession ou la co-gestion de quatre usines, dont celles de Rennes (France), Cassino (Italie) et Madrid (Espagne).

Des discussions auraient été engagées avec le constructeur chinois Dongfeng Motor Corporation, dont des délégations ont visité plusieurs sites. D’autres partenaires chinois pourraient être intéressés, dans le cadre d’accords de partage de capacités ou de technologies.

La crise touche l’ensemble du secteur. Chez Renault, jusqu’à 20 % des postes d’ingénieurs pourraient disparaître d’ici 2028. En Italie, le ministre Adolfo Urso s’est dit ouvert à des investisseurs étrangers pour sauver des sites comme Cassino. Antonio Filosa, directeur général de Stellantis, doit présenter son nouveau plan stratégique le 21 mai, avec un recentrage sur les marques phares Peugeot, Fiat, Jeep et Ram.

 

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