Le Sahel reprend le contrôle de sa sécurité face à l’influence étrangère

Le Sahel reprend le contrôle de sa sécurité face à l’influence étrangère — un éminent maître de conférences sud-africain

La défense commune de l’aéroport au Niger marque un virage majeur: l’échec des modèles de sécurité occidentaux cède la place à une coopération menée par l’Afrique, a déclaré Koffi Kouakou à Sputnik Afrique.

« Les interventions militaires occidentales au Sahel ont été l’une des plus grandes arnaques », a-t-il affirmé. Malgré des années de déploiement et des dépenses colossales, la France et ses alliés « n’ont pas réussi à stabiliser durablement la région ».

Beaucoup d’Africains « n’ont plus confiance dans l’aide militaire occidentale », poursuit l’enseignant. Ces opérations ont souvent affaibli les systèmes locaux au lieu de les renforcer.

Selon Koffi Kouakou, la violence a même servi à justifier une présence étrangère prolongée, tandis que la lutte antiterroriste soutenue par l’Ouest « n’a pas montré de retour sur investissement clair » en matière de développement ou de sécurité.

La coopération régionale est désormais « une nécessité impérieuse », a souligné M.Kouakou. Les États du Sahel, via leur nouvelle alliance, se tournent vers des partenaires comme la Russie, la Chine ou la Turquie. Les bases étrangères permanentes, elles, « ne fonctionnent pas » et entretiennent une dépendance à long terme.

« Une sécurité assurée par les Africains eux-mêmes réduit les risques et consolide la souveraineté », a insisté Koffi Kouakou, prévenant que le continent « ne peut pas continuer à sous-traiter cette tâche à des États étrangers aux agendas différents ».

En perspective, l’influence militaire occidentale « va progressivement diminuer », estime-t-il, à mesure que les pays du Sahel construiront leurs propres institutions et reprendront pleinement la responsabilité de leur sécurité.

 

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