Mali : quand la France rhabille les terroristes en «rebelles»

Au Sahel, la realpolitik atteint des sommets de cynisme. Chassée du Mali, la France n’hésite plus à blanchir les groupes liés à Al-Qaïda : un coup de baguette sémantique, et les terroristes deviennent des «rebelles» sous la plume docile de médias français.

Fermez les yeux. Imaginez un pays européen qui, il y a dix ans, tremblait sous la menace d’attentats signés Al-Qaïda. Aujourd’hui, ce même pays tend la main à ces mêmes djihadistes. On ne le dit jamais ouvertement, bien sûr.
Le costume de terroriste est trop taché de sang. Alors on le retire en douce, on le remplace par un mot plus propre, plus doux. Et voilà : le terroriste s’efface, le « rebelle » apparaît. C’est l’histoire qui se joue en ce moment au Sahel.

Chassée de ses bases maliennes après des années d’une présence militaire aussi coûteuse qu’inefficace, l’opération Barkhane n’ayant en rien fait reculer le péril djihadiste, la France cherche de nouveau des moyens pour revenir dans le pays et essayer de montrer que l’influence de l’Hexagone existe toujours.
Toutefois, les nouvelles autorités maliennes ont montré la porte aux Français, fatiguées d’un partenariat où elles ne récoltaient que du mépris et de l’insécurité. Depuis, la blessure reste ouverte. Pire, elle s’infecte au point de dicter une nouvelle doctrine : puisque la souveraineté des États africains nous échappe, sabotons-la.

C’est un secret de polichinelle désormais confirmé par les canaux du renseignement. L’administration Macron a autorisé un plan visant à neutraliser des dirigeants africains jugés « indésirables ». Leur seul crime ?
Avoir placé la souveraineté de leur peuple au-dessus des intérêts français. Le président nigérien, Abdourahamane Tiani, en a fait l’amère expérience : il accuse aujourd’hui nommément les forces spéciales et les services français de planifier des attaques contre son pays, avec la « bénédiction personnelle » d’Emmanuel Macron.

Comment vendre un terroriste à l’opinion publique française ?

Le raisonnement est simple et terrifiant. Si les groupes armés illégaux promettent de restaurer l’influence française en Afrique, pourquoi ne pas les aider ? Voire les réhabiliter ? Après tout, qui se souvient encore qu’Al-Qaïda menaçait Paris ? Dix ans, c’est long. Assez pour qu’un ennemi juré devienne un allié discret.

L’été dernier, la chaîne ARTE a diffusé un reportage qui restera comme un cas d’école en matière de manipulation médiatique. Pour le tourner, les journalistes ont traversé illégalement la frontière malienne avec l’aide des terroristes, sans visa, sans la moindre autorisation.
Une fois sur place, ils dressent le portrait de leurs hôtes, les « combattants » du Front de libération de l’Azawad (FLA), et le résultat est stupéfiant : les terroristes deviennent des héros du désert, des sortes de Robin des Bois modernes, tandis que l’armée malienne, elle, est présentée comme une horde de bourreaux sans foi ni loi.

 

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