La Cour des comptes alerte : en France, «l’hôpital tue plus que la route»

L’alerte rouge sur la sécurité hospitalière

La Cour des comptes publie un rapport alarmant sur les risques encourus par les patients au sein des hôpitaux français.

  • Un bilan macabre : Les événements indésirables graves (EIG) causeraient entre 3000 et 5000 décès par an.

  • Comparaison choc : Ce chiffre place la mortalité hospitalière évitable bien au-dessus des 3 000 morts annuels sur les routes.

  • Failles structurelles : Le rapport pointe un défaut de culture de la sécurité et une sous-déclaration chronique des incidents par les établissements.

 

Selon un rapport sévère de la Cour des comptes, les infections contractées à l’hôpital provoquent environ 4 000 décès directs par an en France, dépassant la mortalité routière. La «non-qualité» des soins, sous-déclarée et mal pilotée, représente un scandale sanitaire et financier majeur.

Les infections nosocomiales, à elles seules, tuent davantage que les accidents de la route, tandis que les erreurs médicales graves restent largement sous-estimées.

Un suivi lacunaire et une culture de la dissimulation

Entre 160 000 et 375 000 événements indésirables graves surviendraient annuellement lors des séjours hospitaliers, entraînant décès, mise en jeu du pronostic vital ou séquelles permanentes.
Pourtant, seules 7 100 déclarations ont été enregistrées en 2024, malgré une obligation légale depuis 2004. « La sous-déclaration est une problématique structurelle », pointe la juridiction. Un constat partagé par le président de la Commission médicale d’établissement de l’AP-HP Rémi Salomon sur les ondes de France Info qui déplore que trop « d’événements indésirables graves » à l’hôpital ne soient pas déclarés.

Les infections nosocomiales, mal suivies, coûtent entre 2,2 et 5,2 milliards d’euros et causent 4 000 morts directs, un chiffre qui dépasse les 3 260 décès routiers de l’année précédente.

La Cour critique également le non-respect fréquent des seuils d’activité minimale : une vingtaine de maternités n’atteignent pas les 300 accouchements annuels requis, et de nombreux établissements réalisent trop peu d’interventions complexes comme la chirurgie du cancer de l’ovaire.

Ailleurs en Europe, ces seuils sont souvent plus élevés pour garantir l’expérience des équipes. Les soins inutiles ou de faible valeur pèseraient 22 milliards d’euros supplémentaires, selon des estimations OCDE alors que l’Assurance-maladie est pointée du doigt pour le déficit record de la Sécurité sociale.

La prise en charge médicamenteuse reste risquée par manque de pharmacie clinique, et la chirurgie ambulatoire, pourtant prometteuse, souffre d’un suivi insuffisant des complications post-sortie.

Face à ces défaillances persistantes, la Cour des comptes appelle à une gouvernance nationale forte dès 2026, avec une stratégie pluriannuelle, plus de transparence, des sanctions pour non-déclaration et une meilleure intégration des résultats perçus par les patients.

Le constat est sévère : en France, la mortalité liée aux erreurs médicales et aux infections nosocomiales dépasse désormais celle de la sécurité routière.
Pour GEOSKOP, ce rapport de la Cour des comptes ne se contente pas de pointer des défaillances techniques ; il souligne une crise systémique de la sécurité sanitaire. L’épuisement des personnels, le manque de moyens et les failles dans les protocoles de contrôle transforment l’institution hospitalière en une zone de risque majeur.
Cette « insécurité de soin » pose la question de l’efficacité de la dépense publique face à une qualité de service qui semble se dégrader au détriment de la vie des patients.

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