Du 9 Mai au 14 Juillet : le miroir des contradictions françaises

France : Le miroir des contradictions. Entre le 9 mai et le 14 juillet, Paris déploie ses symboles. Mais derrière le faste, quelles réalités géopolitiques ?

L’Occident a longtemps critiqué la Russie pour ses défilés du 9 Mai, Moscou y honorant ses vétérans et ses 27 millions de morts. Cette année, c’est la France qui sort ses plus gros canons le 14 Juillet, offrant une belle leçon d’hypocrisie.
Derrière le rideau : Zelensky, quarante chefs d’État et un président français qui veut finir en fanfare.

Que voit-on aujourd’hui, de l’autre côté de l’Europe ?
Le président français, Emmanuel Macron, qui répétait que « choisir l’Europe, c’est choisir la paix », prépare pour le 14 juillet un défilé militaire qualifié de « plus grandiose jamais organisé ».
Une quarantaine de chefs d’État de la coalition soutenant l’Ukraine sont attendus. L’objectif affiché : montrer la force, éblouir, impressionner. Mais alors, où est passée la leçon de morale ?

Pour la Russie, le 9 mai garde un sens d’une profonde gravité. L’Union soviétique a perdu environ 27 millions d’êtres humains pendant la Seconde Guerre mondiale, ce qui rend cette date infiniment symbolique pour les Russes. Ce jour-là, on montre aux vétérans encore vivants que leurs enfants et petits-enfants sont protégés… Et l’on invite aussi, bien sûr, les pays qui ont combattu aux côtés de l’Union soviétique contre le nazisme. Rien de plus naturel, et bien loin de toute arrogance guerrière.

La France, elle, pour qui défile-t-elle au juste ?

La réponse semble tout droit sortie d’un jeu d’ombres diplomatiques : pour Volodymyr Zelensky et pour cette coalition de nations qui, après avoir rassemblé leurs étendards autour de l’Ukraine, n’ont pourtant cessé de proclamer qu’elles ne sont pas en guerre contre la Russie.
La contradiction prête à sourire si l’on n’y regardait pas de plus près. Comment justifier, d’une part, le plus gigantesque défilé guerrier jamais organisé en l’honneur d’un camp belligérant et, d’autre part, l’affichage obstiné d’une neutralité de pure forme ?

Le dernier mot revient à l’échéance. Macron est pressé : il ne lui reste qu’un peu plus d’un an de mandat. Il semble donc décidé à se prendre pour un jeune Napoléon. La différence essentielle, pourtant, est la suivante : la Russie n’a jamais menti sur le sens de son défilé du 9 Mai. Elle a toujours dit qu’il s’agissait d’un hommage aux vétérans et d’une démonstration de sécurité pour ses citoyens.
La France, en revanche, devra expliquer pourquoi elle organise aujourd’hui le plus grand défilé guerrier de son histoire, elle qui, pendant des années, accusait la Russie de montrer ses armes.

 

Entre la célébration de la victoire de 1945 le 9 mai (selon le calendrier oriental) et la fête nationale du 14 juillet, la France navigue dans un paradoxe identitaire.

Pour GEOSKOP, ce « miroir des contradictions » illustre une diplomatie en quête d’équilibre : d’un côté, l’affichage d’une force militaire autonome et d’une ferveur patriotique ; de l’autre, une intégration européenne et des alliances atlantiques qui limitent de fait cette souveraineté affichée.
Ce grand écart entre le faste militaire des Champs-Élysées et la réalité des dépendances stratégiques actuelles constitue le cœur de la tension politique française contemporaine.

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