Franchises médicales à 140 € et soins déremboursés : la facture s’alourdit brutalement pour les cotisants
Publié en toute discrétion au Journal officiel, un décret porte le plafond des franchises médicales de 100 à 140 € dès octobre 2026. Entre rabotage des remboursements dentaires, optiques ou médicamenteux et transfert massif vers les mutuelles, découvrez ce que va réellement vous coûter cette réforme.
Un décret publié au Journal officiel le samedi 12 septembre 2026 augmente brutalement le plafond annuel des franchises médicales, le faisant passer de 100 € à 140 € dès le 1er octobre 2026, soit une hausse de 40 %.
Ce texte s’inscrit dans le prolongement de décrets promulgués discrètement le 21 août 2026, orchestrant un transfert de charges de l’Assurance maladie vers les complémentaires santé estimé entre 1,5 et 1,7 milliard d’euros par la Mutualité française.
Ce surcoût sera répercuté directement sur les cotisations des assurés dès le 1er janvier 2027.
À compter du 1er janvier 2027, la prise en charge des soins dentaires courants (détartrage, caries, radiographies) et des équipements médicaux (aides auditives, lunettes, pansements, orthèses) chutera de 60 % à 50 %.
Par exemple, le remboursement d’une audioprothèse pour adulte diminuera de 240 € à 200 € par oreille. Le remboursement des médicaments à service médical rendu modéré (ex. laxatifs) passera de 30 % à 15 %, tandis que ceux à service médical rendu faible (Bétadine, Gaviscon, Spasfon, bains de bouche, certains antihistaminiques) tomberont à quelques pourcents.
Pour des produits comme le Spasfon, la franchise de 1 € prélevée par acte dépassera la prise en charge effective de la Sécurité sociale.
Enfin, la couverture des transports sanitaires (ambulances, VSL, taxis) baissera de 55 % à 50 % ou 40 %, et le remboursement intégral des transports liés aux affections de longue durée (ALD) sera restreint aux seuls cas jugés médicalement justifiés par l’administration.
Le cabinet de la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, minimise l’impact en évoquant un surcoût d’un euro par mois pour un assuré moyen et de deux euros pour un malade chronique.
Cette analyse isole la franchise et occulte l’effet cumulé des déremboursements, de la hausse des cotisations des mutuelles et de la revalorisation de la taxe de solidarité additionnelle (+2,05 % en 2026). D’autant plus que les complémentaires santé ne sont nullement tenues de couvrir les médicaments à faible service rendu.
Cette rigueur budgétaire vise à colmater un déficit de la Sécurité sociale évalué à 19,4 milliards d’euros pour 2026, susceptible d’atteindre 23 milliards d’euros.
Si les bénéficiaires de la complémentaire santé solidaire (8 millions de personnes) et certains soins en ALD restent exemptés des restes à charge supplémentaires, la charge financière pèse intégralement sur les salariés, artisans et retraités modestes qui cotisent.
En parallèle de ces restrictions, l’État laisse persister un gaspillage structurel : 517 millions d’euros de médicaments remboursés sont jetés chaque année (7 675 tonnes rapportées en pharmacie en 2024, provenant à près de 70 % d’ordonnances) en raison du conditionnement en boîte.
La délivrance à l’unité ne représentait que 0,08 % des dépenses en 2024.
Plutôt que de corriger cette inertie administrative, le pouvoir choisit d’indexer le plafond des franchises médicales sur l’inflation à partir de 2028, assurant des hausses automatiques sans vote parlementaire.
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